Documentation · 11

Cas métier : l'entreprise artisanale du bâtiment

Rénovation et second œuvre : où une entreprise artisanale perd du temps, des clients et de la trésorerie, chiffré sur une entreprise type à partir de données publiques et d'hypothèses nommées, avec les formules pour refaire le calcul.

Une entreprise artisanale de rénovation ou de second œuvre vit de demandes, de visites, de devis et d'échéances, suivis entre deux chantiers. Ce cas chiffre ce que coûtent les angles morts de ce suivi à une entreprise type, avec les formules pour refaire le calcul.

L'essentiel

  • Près de 95 % des entreprises du bâtiment (hors micro-entreprises « pures ») sont de taille artisanale en 2025. Le ratio des travaux 2024 réalisés par les entreprises de moins de 10 salariés (98 Md€ HT, sur 208 Md€ pour tout le secteur) aux 412 500 entreprises de cette taille dénombrées en 2022 donne environ 237 600 € HT par entreprise, tous corps d'état, neuf compris : un ordre de grandeur, pas une moyenne observée.
  • Trois angles morts : la demande rappelée trop tard, le devis sans relance, l'échéance impayée sans geste.
  • Le système chronomètre le délai de contact d'une demande dès qu'elle est marquée engagée. En production, chaque relance de paiement est un geste de la personne en charge, tracé depuis la carte du dossier, palier par palier, sur les échéances inscrites au dossier ; aucune remise n'est automatique ; l'irrécouvrable reste une décision humaine. Ce geste porte sur des échéances enregistrées dans le système ; leur mode d'enregistrement se définirait avec vous au cadrage. En déploiement : la création de l'échéancier à partir d'une vente, l'entrée automatique d'une échéance échue en recouvrement, la progression calendaire de ses paliers et l'e-mail de relance au débiteur.

Le secteur en chiffres

Là où se perdent le temps, les clients et l'argent

Le temps

Plus de la moitié des 2 491 chefs d'entreprise artisanale du BTP et du paysage interrogés pour la 12e édition (enquête 2025) du baromètre ARTISANTE travaillent plus de 50 heures par semaine ; par ailleurs, 31 % des artisans seuls interrogés passent plus d'un quart de leur temps à l'administratif, contre 78 % des patrons de 16 à 20 salariés (Batiweb, d'après CAPEB, CNATP et IRIS-ST, 2026). Chez un artisan type, le suivi peut se répartir entre logiciel de devis, téléphone et agenda (hypothèse de travail, non mesurée par les sources retenues) : aucun ne réunit à lui seul ce qui est dû aujourd'hui.

Les clients

La CAPEB avance, sans source chiffrée, qu'un porteur de projet fait réaliser trois devis avant de décider (CAPEB, 2022) ; nous en tirons, comme hypothèse de travail, un devis signé sur trois, ce qui supposerait que chaque projet aboutisse : prenez votre taux. Selon une étude publiée en 2011, sur 2 241 entreprises américaines auditées, tous secteurs, étude ni propre au bâtiment ni transposée à la France, 24 % répondaient à une demande web après plus de 24 heures et 23 % jamais (Harvard Business Review, 2011).

L'argent

Au quatrième trimestre 2024, les entreprises privées françaises paient leurs fournisseurs avec 13,6 jours de retard en moyenne (données Altares) (Banque de France, 2025) : ce retard mesure le paiement entre entreprises ; nous le prenons comme approximation du retard de vos clients professionnels, pas de vos particuliers. Le chiffre propre à la construction (11,5 jours au quatrième trimestre 2024, même source, bâtiment et travaux publics confondus) est un retard de paiement entre entreprises de ce secteur : il ne vaudrait que pour vos clients du BTP, et son effet sur le calcul est donné plus bas. Au quatrième trimestre 2024, 27 % des entreprises artisanales du bâtiment déclarent une trésorerie en détérioration ; parmi les causes de ces tensions : baisse d'activité (55 %), allongement des délais de paiement (45 %), impayés (30 %) (Banque de France, d'après la CAPEB, 2025).

Ce que coûte l'absence de système à une entreprise type

Notre entreprise type est une moyenne arithmétique, à laquelle aucune entreprise réelle ne ressemble : 98 Md€ de travaux en 2024 pour 412 500 entreprises de moins de 10 salariés dénombrées en 2022 (années différentes), sachant que les 440 000 entreprises dénombrées incluent 46 400 entreprises sous régime de la microentreprise, dont la répartition par taille n'est pas publiée dans cette source, soit environ 237 600 € HT par an, tous corps d'état, neuf compris, et 1,4 salarié, alternants compris (590 000 salariés en 2024 / 412 500 entreprises dénombrées en 2022, années différentes) (FFB, Le bâtiment en chiffres 2024, PDF hébergé par le Club des bâtisseurs, 2025). Au taux 2023 de l'installation électrique et de la plomberie, toutes tailles, appliqué par hypothèse aux travaux de 2024 (INSEE, 2025), sa valeur ajoutée (VA) est d'environ 87 900 € (37,0 %). Le modèle couvre 140 000 € HT de travaux signés sur devis (84 × 5 000 € / 3), hors dépannage, entretien et sous-traitance.

Ce tableau mesure des fuites ; la section suivante précise lesquelles un mécanisme en production adresse aujourd'hui. Pour la ligne de trésorerie, le remède est en déploiement : la simulation ne lui attribue aucun gain. Les montants de cette ligne estiment la fuite sur hypothèses, non ce qu'un levier récupérerait : aucun montant n'est rattaché à un levier en déploiement. Ces lignes ne s'additionnent pas : VA perdue chaque année, trésorerie immobilisée une fois.

Hypothèses de travail, à remplacer par les vôtres :

  • Devis : 84 par an à 5 000 € HT, un sur trois signé ; 1 ou 2 points perdus faute de relance, proche de zéro si votre logiciel relance déjà.
  • Demandes écrites : 48 par an, dont 60 % donnent un devis, soit 20 % signées ; 10 % ou 25 % rappelées après 24 heures ou jamais, qui signeraient à 10 % au lieu de 20 % ; pour des travaux non urgents, cet écart de 10 points surestime probablement la perte ; prenez le vôtre.
  • Temps : 3 000 heures facturables par an, soit 29,30 € de VA par heure (87 900 € / 3 000) ; 10 ou 5 minutes de saisie par demande.
  • Clients professionnels : 20 % ou 35 % du chiffre d'affaires à crédit, hors taxes (ajoutez la TVA de la part facturée TTC) ; 13,6 jours de retard dans les deux scénarios (tous secteurs, quatrième trimestre 2024, pris comme approximation) ; découvert à 5 %. Avec le retard propre à la construction (11,5 jours au quatrième trimestre 2024, Banque de France), qui ne vaut que pour vos clients du BTP, la trésorerie immobilisée serait de 1 497 € (prudent) ou 2 620 € (médian).

« Prudent » et « médian » sont deux jeux d'hypothèses de travail, non des médianes observées.

Hors calcul : visites des devis non signés, devis suspendu à une aide, délai de remise du devis, acompte et solde, retenue de garantie, planning, recrutement.

Ce que le système change

Aucune verticale bâtiment n'est en production : ces mécanismes tournent sur une autre verticale, et les états du dossier de chantier se définissent avec vous au cadrage.

Le temps. La file du jour classe ce qui presse : les paiements en retard et les réponses reçues, puis les demandes dont le délai de contact court, les rendez-vous du jour, les relances dues, et ensuite les nouvelles demandes non encore engagées. Le dossier tient sur un écran ; le bilan de fin de journée arrive pré-rempli, validé d'un clic (Les deux postes).

Les clients. Aucune demande n'entre seule dans le système : formulaire, e-mail, plateforme, appel téléphonique ou SMS, vous la saisissez, et un appel manqué n'y figure que si vous le notez ; seul un rendez-vous posé à un agenda relié au système y entre sans saisie. Rien n'est chronométré à la simple saisie : le système chronomètre le délai de contact d'une demande dès qu'elle est marquée engagée. Saisie à réception comme nouvelle demande, puis marquée engagée, elle remonte dans la file du jour, derrière les paiements en retard et les réponses reçues, tant qu'aucun contact n'est tracé (Des indicateurs calculés, jamais saisis). Avant le rendez-vous, c'est vous qui relancez ; le système n'envoie aucune relance au lead : il date la prochaine action et la place dans la file du jour ; seule l'invitation d'agenda part, à la réservation du rendez-vous. Ce qui compte comme rendez-vous, un appel ou la visite de chantier, se définirait avec vous au cadrage (Les relances).

L'argent. En production, chaque relance de paiement est un geste de la personne en charge, tracé depuis la carte du dossier, palier par palier, sur les échéances inscrites au dossier ; aucune remise n'est automatique ; l'irrécouvrable reste une décision humaine. Ce geste porte sur des échéances enregistrées dans le système, qui ne les lit pas dans votre logiciel de facturation : la création de l'échéancier à partir d'une vente est en déploiement, et leur mode d'enregistrement se définirait avec vous au cadrage.

Au cadrage, un dossier de chantier pourrait suivre des états tels que demande, visite, devis envoyé, acompte, réception, solde (Prise en main décrit ce cadrage) ; un état « devis envoyé » pourrait y porter une prochaine action datée ; tant qu'il n'est pas livré, nous n'y rattachons aucun montant. Vos devis resteraient produits dans votre logiciel de chiffrage, que le système n'importe pas.

En déploiement, donc non disponibles : la création de l'échéancier à partir d'une vente, l'entrée automatique d'une échéance échue en recouvrement, la progression calendaire de ses paliers et l'e-mail de relance au débiteur (Les relances), ainsi que l'émission des factures (Les modules d'opérations).

Simulation : ce que vaudrait un processus tenu

Si chaque demande écrite était saisie à sa réception comme nouvelle demande, marquée engagée, puis rappelée dans le délai, le processus vaudrait :

Ce solde est brut, avant toute dépense d'outil, et suppose une équipe capable d'absorber 2 400 € HT ou 6 000 € HT de travaux en plus ; équipe saturée, le gain en volume serait nul, seule compterait la marge des chantiers choisis. Aucun des paramètres de ces deux scénarios n'est mesuré ; nous n'en proposons pas de plus optimiste.

Ces montants sont des ordres de grandeur, calculés sur des données publiques et sur des hypothèses de travail nommées ci-dessus. Ils ne constituent ni une mesure constatée chez un client, ni un engagement : DriveArc s'engage sur la tenue du processus, pas sur un résultat commercial, qui dépend de votre offre et de vos équipes.

Là où la publicité rapporterait le plus

La publicité rapporterait d'abord là où la preuve de sérieux est déjà soignée : 90 % des Français accordent de l'importance aux avis clients pour choisir un artisan, selon une enquête IFOP commandée par un éditeur de solutions d'avis (Plus que PRO, enquête IFOP, 2021). Le système ne collecte pas vos avis : demandez-les à la réception du chantier.

Sur une plateforme de mise en relation, chaque demande de devis peut être acceptée par cinq professionnels au plus, selon la page professionnelle de l'une d'elles (Habitatpresto, 2026). Rappelée trop tard, une demande partagée entre plusieurs professionnels profiterait vraisemblablement au plus rapide d'entre eux.

Quel que soit le canal, une demande payée perdue faute de suivi représente deux grandeurs de nature différente : son prix, une dépense engagée, et le chantier qu'elle aurait pu donner, dont la perte se lit en valeur ajoutée ; les deux ne s'additionnent pas. Tenez le suivi avant d'acheter du volume.

Refaire le calcul avec vos chiffres

1. Taux de VA et valeur d'une heure : VA divisée par chiffre d'affaires (à défaut, 37 %), puis VA divisée par les heures facturables. 2. Demandes : demandes écrites × part rappelée tard × points d'écart / 100 × montant moyen × taux de VA, moins heures de saisie × valeur d'une heure. 3. Devis : devis × montant moyen × points perdus / 100 × taux de VA. 4. Trésorerie : chiffre d'affaires hors taxes à crédit auprès de professionnels × (1 + TVA, pour la part facturée TTC) × jours de retard / 365, une fois ; coût annuel : ce montant × taux de votre découvert. 5. Capacité : équipe saturée, ne comptez que la marge des chantiers choisis ou sous-traités.

Sources

Toute la documentation · DriveArc, ERP sur mesure